Règles de barre et de route permis bateau
l'essentiel, sans blablaLe RIPAM (règlement international pour prévenir les abordages en mer) répond à une seule question : qui doit s'écarter ? À chaque rencontre, un navire est privilégié et garde sa route, l'autre est non privilégié et manœuvre. Maîtriser ces règles de barre, c'est savoir lire une situation en quelques secondes et réagir sans hésiter, au permis comme en mer.
Mis à jour le
Le navire privilégié maintient son cap et sa vitesse ; le non privilégié manœuvre tôt et franchement. Un bateau à moteur s'écarte d'un voilier qui navigue à la voile. Entre deux moteurs qui se croisent, celui qui voit l'autre sur SON tribord s'écarte. Entre deux voiliers, celui qui reçoit le vent de bâbord (bâbord amures) s'écarte ; à amures égales, le voilier au vent s'écarte de celui sous le vent. La hiérarchie des priorités va du non maître de sa manœuvre (le plus prioritaire) jusqu'au navire à moteur (le moins prioritaire).
Privilégié et non privilégié
Tout le RIPAM repose sur ce couple. Le privilégié est protégé : il doit garder son cap et sa vitesse pour rester prévisible. Le non privilégié a le devoir d'agir.
- Le navire privilégié maintient son cap et sa vitesse tant que l'autre n'a pas manœuvré.
- Le non privilégié s'écarte tôt, de façon franche et bien visible, en passant si possible sur l'arrière de l'autre.
- Si le privilégié voit que l'autre ne réagit pas, il doit lui aussi manœuvrer en dernier recours pour éviter l'abordage.
- Personne n'a un droit absolu de passage : la priorité sert à éviter la collision, pas à forcer le passage.
Moteur contre moteur : croisement et face-à-face
Entre deux navires à propulsion mécanique, deux situations classiques tombent à l'examen.
- Croisement : celui qui voit l'autre venir sur SON tribord (de droite) s'écarte et laisse passer.
- Face à face, route opposée : chacun vient sur tribord pour se croiser bâbord sur bâbord (rouge contre rouge).
- Manœuvre annoncée au son : 1 bref pour « je viens sur tribord », 2 brefs pour « je viens sur bâbord », 3 brefs pour « je bats en arrière ».
- On manœuvre tôt, jamais à la dernière seconde, pour que l'intention soit lisible de loin.
Le rattrapant s'écarte
La règle du rattrapant prime sur les autres : un navire qui en rejoint un autre par l'arrière doit toujours s'en écarter, voilier ou moteur.
- Est rattrapant tout navire qui approche un autre depuis un secteur de plus de 22,5° sur l'arrière du travers (on ne voit, de nuit, que le feu de poupe blanc).
- Le rattrapant s'écarte du rattrapé, même si le rattrapé est un voilier rattrapé par un autre voilier.
- Le rattrapé reste privilégié : il garde son cap et sa vitesse.
- Dans le doute sur le fait d'être rattrapant ou non, on se considère rattrapant et on s'écarte.
Voilier contre bateau à moteur
À la voile, le voilier est moins manœuvrant que le moteur : la règle en tient compte.
- Un bateau à moteur s'écarte d'un voilier qui navigue uniquement à la voile.
- Exception : si le voilier rattrape le moteur, c'est le voilier (rattrapant) qui s'écarte.
- Un voilier qui utilise son moteur, même voiles hissées, est considéré comme un navire à moteur et perd ce privilège (de jour il montre un cône noir pointe en bas).
Entre voiliers : amures et position
Deux questions à se poser dans l'ordre : de quel côté chaque voilier reçoit-il le vent, puis sont-ils sur la même amure ?
- Amures différentes : le voilier qui reçoit le vent de bâbord (bâbord amures) s'écarte de celui qui reçoit le vent de tribord (tribord amures).
- Même amure : le voilier au vent s'écarte du voilier sous le vent (le voilier au vent est celui d'où vient le vent par rapport à l'autre).
- Ne pas confondre l'amure (le côté d'où vient le vent : bâbord ou tribord) avec la position au vent ou sous le vent (la place d'un voilier par rapport à l'autre).
- Si un bâbord amures voit au vent un voilier dont il ne peut déterminer l'amure, il s'en écarte par prudence.
Chenal étroit et bande des 300 m
Dans les passages resserrés, des règles spécifiques s'ajoutent aux priorités générales.
- Dans un chenal étroit, on serre le plus possible la limite tribord du chenal (sa droite).
- Un navire de moins de 20 m ou un voilier ne doit pas gêner un navire qui ne peut naviguer qu'à l'intérieur du chenal.
- Dans la bande littorale des 300 mètres, la vitesse est limitée à 5 nœuds.
Hiérarchie des privilèges
Quand des navires de catégories différentes se rencontrent, c'est le moins manœuvrant qui est prioritaire. Du plus prioritaire au moins prioritaire :
- 1. Navire non maître de sa manœuvre (NMM, en panne ou incapable de manœuvrer).
- 2. Navire à capacité de manœuvre restreinte (travaux, dragage, pose de câble…).
- 3. Navire handicapé par son tirant d'eau (un grand navire contraint par la profondeur).
- 4. Navire en train de pêcher (engins de pêche à l'eau).
- 5. Voilier (sous voiles seules).
- 6. Navire à moteur (le moins prioritaire, il s'écarte de tous les autres).
Signaux sonores de manœuvre
En vue l'un de l'autre, le sifflet sert à annoncer une manœuvre ou à exprimer un doute (un coup bref dure environ 1 seconde).
- 1 coup bref : « je viens sur tribord ».
- 2 coups brefs : « je viens sur bâbord ».
- 3 coups brefs : « je bats en arrière » (mes machines fonctionnent en arrière).
- Au moins 5 coups brefs et rapides : signal de doute, « je ne comprends pas vos intentions ou je doute que vous manœuvriez assez ».
- Pour rattraper en chenal : 2 longs + 1 bref pour rattraper sur tribord, 2 longs + 2 brefs pour rattraper sur bâbord.
À retenir (moyens mnémotechniques)
- « Tribord, roi des mers » : en croisement de moteurs, celui qui a l'autre sur son tribord est prioritaire, l'autre s'écarte.
- Risque d'abordage : si le relèvement au compas de l'autre navire reste constant pendant que la distance diminue, vous êtes sur une route de collision.
- Mémo amures : « bâbord s'efface » (bâbord amures, vent de bâbord, on s'écarte du tribord amures).
- 5 coups brefs = 5 lettres dans « DOUTE » : c'est le signal qui dit « attention, je ne comprends pas ce que vous faites ».
- Une bonne manœuvre d'évitement est franche, faite à temps et assez ample pour être vue de l'autre bord.
Questions fréquentes
Qui a la priorité entre un voilier et un bateau à moteur ?
Le voilier qui navigue à la voile est prioritaire : le bateau à moteur doit s'en écarter. L'exception est le rattrapage : si le voilier rejoint le moteur par l'arrière, c'est le voilier qui s'écarte. Et un voilier qui utilise son moteur est traité comme un navire à moteur, il perd ce privilège.
Que veulent dire 5 coups brefs au sifflet ?
C'est le signal de doute du RIPAM. Au moins cinq coups brefs et rapides signifient « je ne comprends pas vos intentions » ou « je doute que vous manœuvriez assez pour éviter l'abordage ». Il peut être renforcé par au moins cinq éclats lumineux brefs.
Entre deux bateaux à moteur qui se croisent, lequel s'écarte ?
Celui qui voit l'autre venir sur son tribord (sa droite) doit s'écarter et passer derrière. L'autre, qui voit l'arrivant sur son bâbord, garde son cap et sa vitesse. D'où le moyen mnémotechnique « tribord, roi des mers ».
Quel est l'ordre de priorité entre navires au RIPAM ?
Du plus prioritaire au moins prioritaire : navire non maître de sa manœuvre, puis capacité de manœuvre restreinte, puis handicapé par son tirant d'eau, puis navire en pêche, puis voilier, et enfin navire à moteur. En clair, le moins manœuvrant passe en premier et le moteur s'écarte de tous.
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